N° 10 - Osiris - août 1998
- Editorial -
Ce que l'on connait communément d'Osiris, ce sont d'abord les vignettes du Livre des Morts où l'on voit le dieu, trônant sous son dais, qui reçoit le défunt justifié dans le monde infernal, et ensuite, dans ses grandes lignes, la légende rapporté par Plutarque, au IIe siècle de notre ère, laquelle les articles qui suivent font bien sûr référence. C'est d'ailleurs le mythe d'Osiris qui, dans notre pays, permet une sensibilisation aux croyances de l'Ancienne Égypte, dès la première année de l'enseignement secondaire en collège.
Mais finalement, perçoit-on d'Osiris sa véritable nature ? Et connait-on sa véritable histoire ? N'est-il pas en effet le seul dieu, le seul Égyptien même, presque toujours représenté immobile, emmailloté dans des bandelettes ? C'est de toute évidence parce qu'il est irrémédiablement mort contrairement tous les autres défunts, doués d'une parfaite mobilité l'instar d'Horus, fils d'Osiris, dieu vivant par excellence.
Si l'on se représente souvent et uniquement Osiris comme le dieu des morts, c'est parce qu'on ignore que les Égyptiens lui attribuaient aussi un règne sur le monde des vivants. Bernard Mathieu évoque les origines du dieu et son aspect physique. Il livre ici ce que l'on sait de son règne terrestre - en partie associé celui d'Isis la Grande -, du rôle civilisateur qu'il joua auprès des hommes et de la nature de ses relations avec sa soeur Nephthys d'une part, et son frère Seth d'autre part. Il aborde enfin des questions liées l'historicisation du célèbre mythe.
Nadine Guilhou, après une courte synthèse des différentes contributions égyptiennes antérieures au récit de Plutarque, cherche des éclairages nouveaux dans les fameux Textes des Pyramides. Elle apporte des précisions notables sur la mort d'Osiris, sur les pratiques funéraires l'Ancien Empire et sur l'importance de ce dieu dès cette lointaine époque.
Après ces articles consacrés Osiris dans le monde divin, Marie-Christine Lavier traite un thème qui replace ce dieu dans le monde des hommes. Elle décrit en effet, aussi précisément que la documentation le permet, le déroulement des festivités en l'honneur d'Osiris Abydos, grand centre religieux de Haute-Égypte où un tombeau lui était attribué et un temple dédié. Pour illustrer ces propos relatifs aux fêtes abydéniennes, Jacques Guiter a choisi de traduire la stèle d'Ikhernofret qui offre un exemple caractéristique des principaux documents utilisés pour cette étude.
Thierry-Louis Bergerot
