N° 13 - L'époque amarnienne I - mai-juin-juillet 1999
- Editorial -
Nous avons décidé, pour l'année 1999, de consacrer deux numéros à l'époque amarnienne, celle-ci étant envisagée au sens large, soit de la fin du règne d'Amenhotep III à celui d'Horemheb. Cet épisode fameux de l'histoire de l'Égypte durant la XVIIIe dynastie, on le sait, suscite encore de nombreuses recherches et discussions.
Un bon exemple de débat nous est donné par Chr. Loeben et J.-L. Bovot qui poursuivent une reflexion au sujet de fragments de figurine(s) funéraire(s) ; leurs conclusions divergentes montrent bien les limites des informations que peuvent apporter les diverses sources. Par ailleurs, les découvertes récentes de la Mission archéologique française du Bubasteion sont susceptibles d'apporter des approches et des problématiques nouvelles ; A. Zivie met en évidence l'importance de la région memphite dont le rôle durant cette période n'a sûrement rien à envier à celui de Thèbes et Amarna où se déroulèrent pourtant des événements marquants. Memphis a, à son sens, trop souvent été occulté par les "amarnologues" ; l'auteur s'en étonne car c'est passer sous silence bon nombre de sources qui pourraient se révéler riches d'enseignements. À partir d'une analyse des nom(s) et titres de Maïa déchiffrés dans les différentes scènes de la tombe récemment mise au jour, l'archéologue pose certaines questions qui trouveront peut-être des réponses plus nettes lors de prochaines fouilles sur le site. Le début du règne d'Amenhotep IV est généralement moins connu que l'épisode proprement amarnien au cours duquel le pharaon règne sous le nom d'Akhénaton ; J.-L. Chappaz nous entraîne sur les premières traces du règne, à Karnak, où le dieu Amon était omniprésent, ceci à travers une stèle évoquant un château du Benben et les vestiges de ce même monument peut-être retrouvé à Karnak. Les talatates découvertes dans trois pylônes de Karnak apportent, pour leur part, un lot conséquent de renseignements sur le culte d'Aton, le rôle de la famille royale et son évolution. À l'autre bout du règne, M. Gabolde s'attache à retrouver les traces du successeur immédiat d'Akhénaton, sa fille Mérytaton, à travers l'étude de portraits retrouvés à Amarna. Enfin, nous avions annoncé l'an passé que nous rééditerions éventuellement certains articles - que de nombreux lecteurs réclament - parus dans nos numéros épuisés : le Grand Hymne à Aton, publié dans Égypte Afrique et Orient n° 4, trouve naturellement sa place dans la première partie de ce dossier.
Thierry-Louis Bergerot
