'.14.'

N° 14 - L'époque amarnienne II - août-septembre-octobre 1999





- Editorial -



Qui était Néfertiti ? Quelles étaient ses origines familiales ? Les égyptologues ont encore trop peu d'éléments pour prétendre élucider cette énigme ; cependant, Cl. Traunecker, parvenant, à travers l'histoire de la famille royale, et cela depuis le règne de Thoutmosis IV, à retracer ici l'aventure amarnienne, l'origine et les phases de l'élaboration de l'atonisme, décrit l'émergence d'une "théocratie nouvelle" - bien peu comparable à l'idée de monothéisme telle que nous la concevons - précédée de l'affirmation des théologies hathoriques dont l'importance crût durant la deuxième moitié de la XVIIIe dynastie, en même temps que la place de la reine dans la mythologie royale. Il s'agissait, pour les théologiens de la royauté de "justifier et expliquer la légitimité du pouvoir pharaonique". Le personnage de la belle Néfertiti est sans doute la meilleure illustration voire l'apogée de ce phénomène durant la XVIIIe dynastie.
M. Gabolde, s'appuyant sur les textes des quatorze stèles-frontières de la cité d'Amarna, cherche à comprendre quels furent les grands objectifs architecturaux d'Amenhotep IV / Akhénaton dans ce que l'on a coutume d'appeler sa nouvelle "capitale". Les vestiges archéologiques subsistants permettent de dresser la liste des constructions officielles et cultuelles sur la rive est du Nil, et d'en proposer parfois assez précisément la description ; c'est en particulier le cas pour la nécropole royale. Mais qu'en est-il des habitations des particuliers ? Existait-il, là aussi un véritable projet d'urbanisme émanant de la volonté du roi ? Et finalement, pourquoi Akhénaton éprouva-t-il le besoin de créer de toute pièce cette cité en Moyenne-Égypte ? Les réponses à ces questions apparaissent clairement grâce aux nombreuses recherches menées sur le terrain.
J.-L. Chappaz, reprenant en premier lieu les mêmes sources, les stèles-frontières d'Amarna, apporte d'autres précisions sur l'urbanisme de l'"Horizon d'Aton" mais, étudiant deux blocs conservés au Musée d'art et d'histoire de la ville de Genève, il s'intéresse surtout aux petits édifices religieux qui se trouvaient à la périphérie du site.
C'est ainsi que se clôt, provisoirement, notre dossier sur Amarna. Il est à espérer que les fouilles actuelles et à venir sur ce site et sur d'autres apporteront encore de nombreuses précisions sur ce sujet qui n'a pas fini de passionner les chercheurs tout autant que les amateurs.


Thierry-Louis Bergerot


commanderCommander >