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N° 15 - La IVe dynastie - novembre-décembre 1999





- Editorial -



Ce qui participe à la renommée de la IVe dynastie, ce sont essentiellement les grandes pyramides, monuments ô combien célèbres du plateau de Gîza, dont l'approche est fréquemment perturbée par ce qui a été écrit dans de très nombreux ouvrages plus ou moins sérieux : une histoire racontée à partir de légendes et de récits pas toujours fiables. Les chercheurs eux-mêmes n'ont-ils pas quelquefois un peu de mal à faire la différence entre Histoire et "roman" ? Aussi nous semblait-il vraiment intéressant de porter un regard nouveau sur cette histoire vieille de plus de quarante-cinq siècles (env. 2625-2510 av. J.-C.).
Dans une présentation générale et chronologique, V. Dobrev livre des hypothèses récentes et bien étayées sur cette période ; il s'appuie tout autant sur l'étude de l'architecture monumentale que sur l'analyse de la titulature royale, de l'art, de l'idéologie ou des institutions. Plusieurs questions épineuses trouvent ainsi des éléments de réponses qui permettent parfois de refermer la page sur un certain nombre d'idées reçues : par exemple, le problème des trois pyramides attribuées au fondateur de la dynastie, le roi Snéfrou, celui des trois chambres de la pyramide de Khéops et des techniques utilisées pour la construction de cet édifice, celui de la légitimité de Djedefrê, celui encore du prétendu déclin de la dynastie sous Mykérinos, celui enfin de la forme originale du monument funéraire de Chepseskaf, dernier roi de la IVe dynastie.
B. Mathieu montre, pour sa part, la dimension idéologique du fameux Papyrus Westcar ; en effet, outre le raffinement littéraire que laisse apparaître ce conte, il semble évident que son auteur, en l'écrivant, avait une réelle intention historiographique.
V. Ritter brosse le portrait du prince Hordjédef, personnage emblématique de la civilisation égyptienne, insistant sur son rôle de premier plan, sa renommée posthume et "son" Enseignement.
B. Menu revient sur le règne, généralement peu connu, du pharaon Chepseskaf, envisagé principalement sur les plans institutionnel, juridique et économique.
Enfin, une confrontation des récits des principaux auteurs classiques, Hérodote, Strabon, Diodore de Sicile et Pline l'Ancien, permet d'appréhender le regard des Grecs et des Romains sur les pyramides d'Égypte, principalement celles de Khéops, Khéphren et Mykérinos.

Thierry-Louis Bergerot


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