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N° 16 - Karnak du Moyen Empire au début du Nouvel Empire - janvier-février 2000





- Editorial -



Ce dossier est peut-être un peu plus technique que les précédents mais son thème est d'un intérêt tout particulier puisqu'il concerne les origines, peu connues, d'un des plus célèbres sites archéologiques d'Égypte, et plus particulièrement le grand temple d'Amon à Karnak. L. Gabolde évoque d'abord les origines de Karnak et s'arrête ensuite longuement sur les activités de bâtisseur de Sésostris Ier qui apparaît indéniablement comme "le souverain ayant façonné le plus durablement ce temple". L'importance de la ville de Thèbes ne se révèle que progressivement au cours des âges : une occupation humaine qui remonte à la préhistoire mais un rôle de métropole régionale du IVe nome de Haute-Égypte qui ne s'affirme pas avant la IVe dynastie. La cité, appelée plus tard "La Thèbes aux cent portes", ne devient capitale religieuse du Sud et ville d'Amon qu'à partir de la XIe dynastie - les traces les plus anciennes de l'érection d'un temple peuvent être datées du règne d'Antef II (2120-2070). Le dieu honoré dans ce lieu à ce moment-là était déjà Amon-Rê. Les constructions de l'époque des Montouhotep ou d'Amenemhat Ier furent ensuite démantelées pour laisser place au grandiose projet de Sésostris Ier qui, en l'an 10 de son règne, reconstruisit entièrement le temple d'Amon ; les proportions de ce dernier étant désormais sans commune mesure avec le précédent sanctuaire. Karnak - et plus largement Thèbes - devint alors l'"Héliopolis du Sud". Amon-Rê, quant à lui, fut perçu comme une transposition de Rê-Atoum. C'est donc grâce à une forte volonté politique de Sésostris Ier que le temple, désigné sous le nom de "Grand Château d'Amon", se présente comme un des plus importants centres religieux du pays. Ses vestiges, quoique relativement rares, permettent malgré tout, grâce à une reconstitution solide, d'en décrire les traits caractéristiques et d'en expliquer les fonctions. Le temple n'a semble-t-il pas subi de modifications significatives jusqu'aux extensions d'Amenhotep Ier étudiées par C. Graindorge. Il revient enfin à l'architecte J.-Fr. Carlotti de retracer l'évolution architecturale de l'édifice de Sésostris Ier, principalement au cours de la XVIIIe dynastie. En marge de ce dossier, P. Le Guilloux brosse un portrait d'A. Mariette, une des plus célèbres figures de l'égyptologie : le véritable fondateur de l'archéologie égyptienne et l'organisateur du Service des Antiquités et du musée du Caire. Thierry-Louis Bergerot


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