N° 20 - Amour, mariage, divorce et problèmes relationnels entre hommes et femmes - février 2001
- Editorial -
Que savons-nous des relations amoureuses, du mariage et des problèmes qui pouvaient se poser aux couples dans l'Ancienne Égypte ? Plus largement, et grâce aux témoignages de ces lointaines époques, que pouvons-nous apprendre des rapports entre les hommes et les femmes ? En jetant un regard, même sélectif, sur ces questions, nous ne perdrons cependant pas de vue que la population concernée par la documentation recueillie ne reflète assurément pas l'ensemble de la société égyptienne.
Après avoir considéré les sources de la poésie amoureuse, Bernard Mathieu, auteur d'une thèse sur ce sujet, présente ce genre littéraire. À travers plusieurs exemples significatifs, il définit le caractère des protagonistes des poèmes et les thèmes qui s'y succèdent : la rencontre, l'attirance qui entraîne l'un des deux êtres dans "le piège de l'amour", la souffrance et l'égarement, le décor des promenades deux. Ailleurs, l'amour semble être appréhendé comme une maladie, peut-être parfois due au refus de l'autre, mais est-elle feinte ou véritable ?
Bernadette Menu, spécialiste du droit égyptien, explique les cadres du mariage en Égypte durant la Basse Époque et aux temps de la domination grecque. Celui-ci peut-il être envisagé comme un acte juridique ? Quels en sont les principaux objectifs ? Quelles en sont les règles ? Existait-il une cérémonie scellant l'union de l'homme et de la femme ? Quelle devait être l'attitude des époux tant sur le plan personnel que sur le plan juridique ? Dans quels cas le mariage pouvait-il être rompu ? Un contrat de mariage et un contrat de divorce illustrent ici les propos de l'auteur.
François Neveu, grâce des témoignages évocateurs, parfois touchants, pose le problème des conflits opposant hommes et femmes au cours du Nouvel Empire. Leur origine ? L'adultère, la répudiation... Leur résultat ? Le divorce, le remariage, et même... l'adoption par le mari d'une nouvelle et jeune épouse !
Sydney Aufrère nourrit une réflexion sur des comportements relatifs la violence, et revient par un autre biais l'adultère. S'agissant de morale, conseils ou prescriptions, poursuites pénales, condamnations de l'homme ou de la femme, l'égyptologue s'appuie sur des sources très diverses mises en perspective : les écrits de Diodore de Sicile et ceux de Plutarque, le récit rapportant la lutte de Seth et Horus, le Conte des Deux Frères, le Roman de Khaemoïs, le Conte du mari trompé, la Sagesse d'Ânkhchéchanq, le décret d'Horemheb, etc. Tous ces documents donnent des informations variées qui ne se recoupent d'ailleurs pas systématiquement. Certaines contradictions dans la documentation prouvent qu'il serait hasardeux de tirer des principes juridiques absolus de textes littéraires.
Thierry-Louis Bergerot
