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N° 21 - Le ciel nocturne - mai 2001





- Editorial -



Parfois sous les traits d'une vache dominant le ciel, le plus souvent sous l'aspect d'une femme au corps allongé et aux membres tendus d'Est en Ouest, la déesse Nout personnifie la voûte céleste. Les astres évoluent dans son corps et le soleil, avalé le soir, est à nouveau enfanté chaque matin.
N'importe quel regard un tant soit peu attentif peut observer cela, en particulier sur le plafond de plusieurs tombes royales ramessides, mais, pour l'Égyptien, la nature de ce ciel-déesse était certainement plus complexe.
Claude Traunecker présente d'abord un texte important découvert dans un monument pour le moins étonnant. Il cite et commente les légendes gravées à l'extérieur du corps de Nout, figurée de manière gigantesque sur le plafond de la construction souterraine, les textes qui accompagnent le parcours solaire dans le corps de la déesse, du soir jusqu'au matin, et, enfin, ceux qui décrivent le cycle céleste annuel.
Nadine Guilhou aborde différentes fonctions de la déesse-ciel au travers de quatre séries de formules extraites des Textes des Pyramides, corpus dans lequel le ciel et les astres jouent un rôle capital. Nout accueille, en effet, le roi défunt ; elle lui redonne vie après l'avoir "rassemblé" et purifié.
Après avoir envisagé le ciel nocturne par le biais de la religion, c'est un aspect plus scientifique (encore serons-nous très prudent concernant l'emploi de ce terme : se prête-t-il bien, en effet, à la "science" astronomique des Anciens Égyptiens ?) qui est traité par Jean-Luc Fissolo. Celui-ci, au terme d'un exposé chronologique, s'interroge sur le problème de l'observation des astres. Il ne fait pas de doute que les Égyptiens possédaient une évidente connaissance du ciel et qu'il existait des spécialistes de l'observation des astres. Peut-on en déduire pour autant qu'il existait une astronomie et des astronomes ? Si nous considérons l'astronome comme étant "celui qui nomme les astres", nous accepterons volontiers ces propositions. Ces astronomes se laissent cependant difficilement connaître. L'étude de la documentation et des titres désignant ces observateurs du ciel le montre bien. Elle laisse, en revanche, clairement apparaître d'intéressantes pratiques liées à l'utilité de l'observation du ciel, à la mesure du temps ou encore à l'interprétation de la position des astres.
Les plafonds des tombes royales (les tombes royales ramessides en particulier) montrent d'étranges scènes dans un monde étoilé. Plafonds astronomiques, horloges stellaires ou Livres du Ciel, apparaissent comme autant de méandres dans lesquels le regard se noie. Aussi, les analyses de Nadine Guilhou à ce sujet sont particulièrement bienvenues. Se confirme alors notre impression première : les Égyptiens étaient de fins observateurs du ciel nocturne.

Thierry-Louis Bergerot


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