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N° 30 - L'art du Moyen Empire I - août 2003





- Editorial -



Nous consacrons deux numéros consécutifs (voir aussi le N° 31) au Moyen Empire qui débute avec la XIe dynastie, au terme d'une période marquée par une certaine instabilité et le morcellement du pouvoir : la Première Période intermédiaire qui a d'ailleurs fait l'objet de deux précédents volumes (Égypte Afrique et Orient 18 et 19). L'Égypte du Moyen Empire atteint puissance et prospérité dans tous les domaines mais c'est essentiellement sur le plan artistique que porte l'étude des égyptologues qui ont accepté d'apporter leur contribution à cette revue. Les aspects politique, religieux, militaire, économique, méritent un développement que ces deux numéros ne pouvaient contenir. Pour en revenir à l'art, la littérature même, pourtant si riche à cette époque, n'a pu faire ici l'objet que d'un seul article dont l'approche est d'ailleurs originale (voir l'article de Richard Parkinson dans le N° 31).
C'est à Thèbes que la XIe dynastie trouve son origine et l'importance de la cité ne s'est pas démentie de longs siècles durant. L'expansion économique et la montée en puissance des gouverneurs locaux au cours de la Première Période intermédiaire se révèlent pour cela déterminantes. Après une mise en situation prenant en compte les circonstances historique, économique et sociale, Lilian Postel présente la région de l'antique Thèbes comme un véritable foyer artistique dès le commencement du Moyen Empire. Il s'interroge sur le passage relativement rapide (moins d'un siècle) d'un art provincial à un art de cour royale, considère les différents courants d'influence de l'art thébain, l'organisation des ateliers de production... Mais, évoquant l'école de la statuaire, l'auteur montre qu'une production existait bel et bien en Haute-Égypte déjà à l'Ancien Empire.
Biri Fay nous montre des pièces peu connues du Moyen Empire rattachées aux arts dits mineurs, tout autant issues d'un "art de cour" que d'un "art populaire". Ces objets sont présentés chronologiquement depuis le règne de Montouhotep II, au début du Moyen Empire, jusqu'à la XIIIe dynastie. Cet article dont la seconde partie figure dans le N° 31 est intéressant à plus d'un titre : outre l'analyse de l'historienne de l'art, les pièces étudiées n'ont été vues, pour la plupart d'entre elles, qu'à l'occasion de ventes aux enchères.
Dimitri Laboury revient sur l'étude du portrait royal sous Sésostris III et Amenemhat III. Ces pièces ont, dans le temps, entraîné les chercheurs sur des pistes dont le fondement a été totalement remis en cause par l'égyptologie moderne. D. Wildung, R. Tefnin, J. Assmann et, plus récemment encore F. Poltz ont démonté la thèse de l'hyperréalisme pour mettre en avant celle du message idéologique véhiculé par la statuaire royale.
Pourquoi faire figurer un certain nombre d'objets sur les cercueils du Moyen Empire sinon pour assurer la protection du défunt avec des objets revêtant un caractère permanent ? Traitant de ce thème, Nadine Guilhou montre également la similitude entre ces représentations symboliques et les véritables objets retrouvés par les archéologues ; elle définit enfin leur fonction auprès du mort.

Thierry-Louis Bergerot


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