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N° 33 - Les tombes royales de la XVIIIe dynastie dans la Vallée des rois - avril 2004





- Editorial -



Est-il nécessaire de présenter la Vallée des Rois et tous les trésors qu'elle abrite, en particulier les hypogées royaux richement décorés des XVIIIe, XIXe et XXe dynastie ? Est-il également encore nécessaire d'évoquer l'attrait ô combien justifié de cet exceptionnel site archéologique pour des touristes venus du monde entier admirer ces chefs-d'oeuvre du patrimoine universel ? Un numéro tout simplement consacré à la Vallée des Rois n'aurait-il pas été qu'une publication de plus présentant des généralités ? Beaucoup l'ont déjà fait et quelquefois très bien. Aussi nous a-t-il semblé plus intéressant de centrer notre propos sur les tombes de la XVIIIe dynastie, celles des pharaons Thoutmosis III, Amenhotep II, Thoutmosis IV, Toutânkhamon, Horemheb et, bien entendu la fameuse tombe VR 55 dont l'appartenance est toujours âprement discutée par les égyptologues.
Respecter l'ordre chronologique était notre soucis. Deux sépultures échappent cependant ici à cette règle. Celle de Thoutmosis IV, dont l'intérêt est moindre, ne fait l'objet que d'une courte présentation dans l'introduction générale de Nadine Guilhou (le sarcophage ou certaines peintes scènes sont toutefois remarquables). Quant à la tombe VR 55, les nombreux problèmes qu'elle pose ont poussé Jean-Luc Bovot à mettre à la disposition des lecteurs de notre revue un dossier aussi complet que possible. La nature même de ce long article nous invitait à le placer en fin de dossier.
Après l'historique et les descriptions de Nadine Guilhou à propos des tombes de la XVIIIe dynastie dans la Vallée des Rois, Isabelle Franco brosse l'histoire du début de l'occupation du site et s'intéresse ensuite à l'architecture de la tombe (très originale) de Thoutmosis III, à la décoration et surtout aux textes peints sur les parois de l'antichambre et du caveau.
La tombe d'Amenhotep II, découverte par Victor Loret en 1898, se distingue d'abord par les trouvailles effectuées à l'intérieur : plusieurs momies royales dont celle d'Amenhotep II lui-même. Elle comporte ensuite plusieurs innovations architecturales et, comme la tombe de son prédécesseur, le Livre de l'Amdouat figuré sur les murs de la salle du sarcophage.
Marc Gabolde a choisi pour sa part d'évoquer la petite sépulture de Toutânkhamon au travers du mobilier funéraire qu'elle contenait, en particulier l'étonnant pectoral Carter 261 p 1 qui, excellemment photographié, permet d'identifier, à coup sûr pour l'auteur, le "véritable destinataire de l'essentiel du mobilier de Toutânkhamon". L'intérêt de cet article est double : la découverte elle-même évidemment, mais aussi, pour le lecteur, la méthodologie (ou certains de ses aspects) adoptée par l'égyptologue pour mener à bien sa recherche.
Florence Mauric-Barberio montre tout l'intérêt de la tombe d'Horemheb qui témoigne d'une nouvelle évolution tant dans l'architecture que dans le décor peint à la charnière des XVIIIe et XIXe dynasties.
Enfin, si plusieurs spécialistes de l'époque amarnienne admettent aujourd'hui qu'Akhénaton est le plus probable candidat quant à l'identification de la momie et du sarcophage de la tombe VR 55, Jean-Luc Bovot a préféré s'en tenir à l'exploration des pistes les plus sérieuses et ne pas terminer son enquête sur une conclusion "définitive". Pour lui en effet, trop d'éléments restent encore dans l'ombre.

Thierry-Louis Bergerot


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