N° 37 - Amenemhat Ier et Sésostris Ier - mars 2005
- Editorial -
Nous abordons, avec ce numéro, un épisode très important de l'histoire de l'Égypte pharaonique : les deux premiers règnes de la XIIe dynastie. La documentation relative au passage de la XIe la XIIe dynastie reste lacunaire, mais Pierre Tallet évoque la découverte récente d'inscriptions rupestres qui apportent un nouvel éclairage sur un monument-clé de cette période : le règne très court de Montouhotep IV et l'émergence d'un personnage dont on a encore du mal cerner l'origine et qui s'installa au pouvoir sans appartenir la lignée royale.
Nathali Favry, puis Wolfram Grajetzki portent un regard sur l'organisation de l'administration égyptienne. La première s'intéresse aux nomarques et responsables locaux de la Haute-Égypte. Quel était, en effet, le rôle de ces hauts fonctionnaires et comment ont évolué leurs prérogatives vis- -vis de l'autorité royale ? Cette fonction était-elle héréditaire ? Quel était le processus de leur désignation ? Au début de la XIIe dynastie, le pouvoir royal ne cherchait-il pas s'affirmer en plaçant de nouveaux personnages la tête des nomes ?
C'est essentiellement le sommet de l'administration pharaonique qui retient l'attention de W. Grajetzki et, plus particulièrement, la charge de vizir.
Dominique Farout nous propose de découvrir l'emplacement de la tombe d'Ameny, général en chef ayant exercé ses fonctions sans doute sous le règne du deuxième Amenemhat. Trois stèles concernant ce personnage permettent une mise en relation de la documentation.
Claude Obsomer, s'appuyant sur un long et patient travail de traduction de textes bien connus composés au Moyen Empire, évoque les problèmes qui durent se poser aux Anciens quant la légimitation du pouvoir de Sésostris Ier. Comme les reliefs ou les monuments royaux de l'époque, ces oeuvres littéraires reflètent la pensée officielle du début de ce règne. L'auteur démontre comment, en améliorant toujours leur traduction, des textes, pourtant maintes fois étudiés par des générations d'égyptologues, peuvent encore livrer des informations susceptibles de faire évoluer les connaissances historiques.
Ces articles viennent compléter ceux de L. Postel, B. Fay, D. Laboury, Fl. Maruéjol, R. Parkinson, N. Guilhou et M. Gander propos de l'art du Moyen Empire, parus dans les Nos 30 et 31 de notre revue (août et octobre 2003).
