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N° 39 - Autour de la XIXe dynastie, égypte et Proche-Orient au XIIIe siècle avant notre ère - octobre 2005





- Editorial -



Deuxième des trois dynasties du Nouvel Empire, la XIXe dynastie est sans nul doute l'une des plus prestigieuses de l'histoire de l'Égypte pharaonique. Ramsès II n'est-il pas un des souverains les plus célèbres de l'Antiquité ? Sur presque 105 années comptabilisées pour cette dynastie, 67 reviennent à ce seul personnage, 7 autres rois se partageant 38 années. Chacun le sait, les monuments au nom de Ramsès II sont très nombreux et les temples d'Abou Simbel en Nubie ou le Ramesseum à Thèbes sont parmi les plus grandes réussites de l'art égyptien.
D'un point de vue chronologique, le règne de Ramsès Ier apparaît comme peu significatif et nous avions consacré tout un dossier à celui, nettement plus important, de Séthy Ier (Egypte Afrique et Orient 11, 1998), souverain auquel Dominique Farout fait référence ici à propos de la stèle de Qasr Ibrim. Le passage de Merenptah (13e fils de Ramsès II) sur le trône est marqué par une campagne militaire en Palestine et d'autres destinées à contrer des invasions libyennes en particulier dans le nord de l'Égypte, ces dernières témoignant de changements géopolitiques dans la région. Hormis des problèmes de successions, a priori entre deux lignées de descendants de Ramsès II, on sait bien peu de choses des quatre derniers règnes de la dynastie : ceux d'Amenmès, très bref, de Séthy II, puis de Siptah, fils d'Amenmès et de Taousert, veuve de Séthy II. Comme toujours, il est impossible, dans une cinquantaine de pages, de prétendre à une quelconque exhaustivité, aussi avons-nous préféré privilégier la diversité des thèmes. Notons que d'autres dossiers d'Egypte Afrique et Orient traitent de la XIXe dynastie, au travers par exemple des études concernant Deir al-Médîna.
L'article de Dominique Lefevre expose d'abord la situation géopolitique au Proche-Orient et présente enjeux, modalités et conditions du mariage de Ramsès II avec une princesse hittite, événement somme toute relativement exceptionnel jusqu'alors. Il est à mettre en relation avec les articles de Philippe Clancier et d'Aline Tenu sur l'histoire de la Babylonie et de l'Assyrie autour du XIIIe siècle avant l'ère chrétienne. Il semblait en effet très intéressant d'envisager, avec un regard différent, l'évolution politique dans la région durant cette période marquée, pour l'Égypte, par un passage d'un état de guerre à un état de paix. Le mariage de Ramsès II avec une princesse étrangère illustre en fait une pratique courante dans le Proche-Orient ancien - bien que les Égyptiens n'aient envisagé ce procédé que de façon unilatérale - destinée à sceller l'alliance entre les peuples. Pharaon envisageait-il cependant les mariages diplomatiques sous ce seul aspect ? Il semble évident que non.
Les études assyriologiques sont très importantes pour apprécier la politique extérieure égyptiennes, et elles prennent un relief particulier dans le sens où l'akkadien était la langue diplomatique de tout le Proche-Orient ancien, Égypte comprise. Philippe Clancier évoque l'évolution politique et la prise du pouvoir d'une dynastie cassite en Babylonie. Il décrit ce pays comme une puissance politique, religieuse et culturelle avec laquelle les pays voisins devaient compter et la ville de Babylone comme un grand centre du pouvoir et de la culture suméro-akkadienne. La dynastie cassite de Babylonie connut pourtant une période moins faste, précisément au XIIIe siècle, le royaume tombant sous la domination des souverains d'Assyrie. Aline Tenu esquisse quant à elle la monté en puissance de l'Assyrie au XIVe siècle, sous le règne d'Assur-uballit Ier et au XIIIe siècle sous ceux d'Adad-nêrâri Ier ou surtout Tukultî-Ninurta Ier et leurs victoires aux dépens du Mitanni, du Hatti ou de Babylone. L'auteur évoque la grandeur de l'Empire et les raisons de ce succès.
François Neveu s'intéresse aux élèves scribes qui viendraient un jour rejoindre les corps de l'imposante administration pharaonique, mais sous un aspect qui montre que, par bien des côtés, les comportements des étudiants égyptiens ne sont pas très éloignés de ceux des étudiants actuels. Fort heureusement, la bastonnade a été remplacée par la (non) validation des acquis, mais l'oisiveté, l'alcool, les plaisirs de toutes sortes et les longues nuits blanches de fiesta ne sont pas que de vieux souvenirs. S'ils savaient punir leurs disciples, les maîtres utilisaient tout de même aussi d'excellents arguments pour les encourager dans leurs études.
L'art ramesside, peut-être moins intéressant que celui de la dynastie précédente sur un plan purement plastique, se distingue tout de même à la fois par le style et l'importance de la production sans aucun doute liée à l'état de guerre. L'évolution des représentations des temples, des thèmes, des techniques et du style ne cachent pas l'héritage de l'art amarnien si caractéristique dans l'histoire de l'art égyptien.
Marie-Astrid Calmettes nous entraîne ensuite dans les domaines funéraires et religieux. C'est à partir de documents de la XIXe dynastie, mais aussi de la XXe dy


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