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N° 41 - Les égyptiens et la mer Rouge - mars 2006





- Editorial -



Si des découvertes sont spectaculaires parce qu'elles évoquent des noms de personnages ou des lieux célèbres, ou encore parce que les objets mis au jour sont remarquables sur le plan esthétique, d'autres découvertes moins ''grand public'' n'en sont pas moins d'une importance capitale pour nos connaissances en matière d'histoire. C'est à notre avis très nettement le cas pour les découvertes effectuées ces dernières années sur les côtes de la mer Rouge. En particulier, les recherches archéologiques effectuées par l'équipe dirigée par Rodolfo Fattovich et Kathryn Bard ont pu mettre en lumière un certain nombre d'aspects apportant la preuve d'une navigation égyptienne en mer Rouge dès le Moyen Empire et, peut-être même, dès l'Ancien Empire. Cette hypothèse est également défendue par Mahmoud Abd el-Raziq, Georges Castel et Pierre Tallet qui s'appuient sur les découvertes tout aussi récentes effectuées à Ayn Soukhna et par El-Sayed Mahfouz qui étudie des ostraca hiératiques trouvés jadis dans le Ouadi Gaouasis par Abdel Monem Sayed. Dominique Farout abonde dans le même sens. Il élabore d'abord sa démonstration sur la réalité d'expéditions égyptiennes en mer Rouge au Moyen Empire à partir de monuments, complets ou fragmentaires, également découverts par A.M. Sayed. Il remet en outre au centre des débats le fameux problème de l'interprétation de Wadj-our. Céline Merrer, prenant elle aussi le pas de ses collègues, montre le lien très étroit qui existe entre le titre de ''Chancelier du dieu'' au Moyen Empire et les expéditions sur la mer Rouge.
Dans les mois et années à venir, il est évident qu'une étude plus complète et plus fine de la documentation issue de la fouille permettra une interprétation quelque peu différente de certains détails. Il n'en demeure pas moins que ce numéro d'Égypte Afrique et Orient fera date tant ce qu'apportent ses articles est nouveau.

Thierry-Louis Bergerot


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