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N° 42 - Le delta égyptien et la XXXe dynastie - juin 2006





- Editorial -



Ni l'Égypte du Delta, ni la XXXe dynastie ne suscitent au prime abord l'intérêt de la plupart des égyptophiles. Pourtant, l'étude de ce territoire comme celle de cette époque apportent à l'égyptologue des informations nombreuses et fondamentales. C'est ce que nous souhaitions montrer ici à nos lecteurs heureusement toujours avides de nouveautés.
Hélène Virenque, jeune doctorante en égyptologie, a proposé ce thème et manifesté le désir de coordonner le sommaire du dossier. Et c'est avec beaucoup de plaisir que nous voyons ce projet se concrétiser. Olivier Perdu, Neal Spencer, Sydney Aufrère, Vincent Razanajao et Daniela Rosenow y ont aimablement prêté leur concours. Qu'ils en soient chaleureusement remerciés.
Comme toujours, on ne peut pas tout dire en 56 pages, aussi avons-nous privilégié quelques pistes de recherche et de réflexion, laissant de côté d'autres enquêtes importantes.
Mais, déjà, comment expliquer le découpage administratif du Delta où la situation apparaît moins clairement que dans la vallée du Nil ? Comment ce découpage a-t-il évolué au cours des âges et comment les égyptologues le perçoivent-ils ? L'étude des toponymes permet de comprendre à quelles réalités cette division territoriale fait référence. Chacun connaît l'existence des nomes. Soit ! Mais qu'est-ce réellement qu'un nome ? Voilà bien une question qui, curieusement a priori, méritait d'être posée.
Le travail des missions archéologiques de la fin du XIXe siècle, en particulier celles de Naville, sert de toile de fond à l'enquête historique relative à la dernière dynastie égyptienne. De nombreux monuments réalisés dans un style impressionnant, sur les plans technique et esthétique, témoignent du pouvoir et du prestige des deux Nectanébo. Quatre naos, très inégalement conservés, mais provenant tous d'un même site du Delta, laissent deviner, outre, encore une fois, l'empreinte d'un Nectanébo, l'importance théologique du site en question, une dimension magique et un rôle politique.
Le second Nectanébo est mis à l'honneur grâce à l'étude des vestiges d'un sanctuaire situé à Boubastis. Quelle était la véritable fonction de cet édifice dont les blocs retrouvés montrent la finesse d'exécution et l'intérêt historique ? On ne peut en l'état actuel de la recherche le dire avec exactitude, celui-ci ayant d'abord été détruit par un séisme puis débité par des carriers.
Une statue inédite du vizir Psammétique-séneb procure l'occasion d'une très intéressante étude de mises en relation. Celle-ci conduit entre autre son auteur à s'interroger sur la datation des statues concernées et, bien entendu, sur celle de ce personnage important, à estimer l'aire géographique placée sous sa responsabilité ainsi que son rôle. Et l'on apprend qu'un vizir du temps des Nectanébo n'occupe plus la place qui était celle des vizirs du Nouvel Empire, pour ne parler que d'eux.
Un des rois Nectanébo de la XXXe dynastie apparaît peut-être encore dans l'oeuvre d'un auteur de la fin de l'Antiquité, à l'époque où les chrétiens imposent leur vision du monde autour de la Méditerranée. Cette intéressante réflexion sur un thème inattendu vient, elle aussi, enrichir notre culture.

Thierry-Louis Bergerot


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