N° 47 - Le déchiffrement des écritures de l'Orient Ancien - septembre-novembre 2007
- Editorial -
À l'occasion de la sortie de son livre, Thoutmosis III et la corégence avec Hatchepsout, nous avons demandé Florence Maruéjol de développer dans ce numéro un aspect du règne du grand souverain. Sans doute plus connu pour ses conquêtes que pour ces constructions, Thoutmosis iii n'en est pas moins un bâtisseur. Si peu de monuments de son temps restent en place, de nombreuses traces archéologiques en portent témoignage travers tout le pays, en particulier, dans l'ancienne capitale du Sud.
Après un dossier sur les hiéroglyphes (N° 46), il nous semblait intéressant de proposer un dossier sur le déchiffrement des écritures anciennes du Proche-Orient. Philippe Abrahami, Dominique Farout, Alice Mouton et Claude Rilly ont accepté de nous en donner des exemples.
L'abbé Barthélémy, s'il ne fût pas véritablement le premier déchiffreur de l'égyptien, fût tout de même un grand savant de son époque, déchiffrant rien de moins que le palmyrien et le phénicien. L'exposition qui se déroule en ce moment l'Institut du Monde arabe donnera d'ailleurs redécouvrir les traits caractéristiques de cette civilisation laquelle les civilisations occidentales doivent leurs alphabets. Les langues des Hittites et des Sumériens ont déj livré les principaux secrets qui permettent aujourd'hui d'étudier les textes de ces peuples. En revanche, le méroïtique demandera encore sûrement une longue recherche. Nous avons toutefois l l'extraordinaire chance d'assister au déchiffrement d'une langue ancienne dont les signes sont très largement inspirés des hiéroglyphes égyptiens. Mais dans ce cas, pas de Pierre de Rosette ! Et ce ne sont pas les textes, relativement nombreux, mais souvent trop courts, qui permettent pour l'heure la découverte tant espérée par le chercheur.
Dans un cas tel celui du méroïtique, un travail véritablement collectif serait nécessaire pour ouvrir plus sûrement la voie du déchiffrement. Cette difficulté supplémentaire donne plus de valeur encore au travail de Claude Rilly.
Le déchiffrement d'une langue représente en tout cas une aventure sans pareille pour le savant qui s'y attelle et, de nos jours encore, l'informatique ne résout pas tout, loin de l .
Toutes ces expériences nous montrent en tout cas que le hasard ou la chance se combinent au savoir, la patience, la méthode... Le travail est toujours extrêmement fastidieux et jamais réellement achevé. N'oublions pas en effet que ces langues ainsi ressuscitées avaient été perdues en même temps que le système de pensée des peuples qui les créèrent.
Thierry-Louis Bergerot
