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N° 49 - Les artisans égyptiens et leurs métiers (première partie) - mars-avril-mai 2008





- Editorial -



Outre quelques pages à propos de la construction navale (Égypte Afrique & Orient 1, 1996) ou du travail du bois et de ses techniques (Égypte Afrique & Orient 3, 1996), notre revue n'avait pas encore consacré de dossier complet aux artisans égyptiens. Nous avons certes, à plusieurs reprises, évoqué le travail des ouvriers de Deir al-Médîna, mais il s'agit là, pour les plus remarquables, d'artisans d'un tout autre genre que l'on apparente beaucoup plus aujourd'hui à des artistes de leur temps. Et s'ils ne peuvent évidemment pas être définis comme des artistes, les artisans du bois, ceux de la pierre, ceux du cuir, les orfèvres, les joailliers, les métallurgistes, les potiers, les boulangers, les brasseurs ou encore les artisans attachés à l'extraction des pierres dans les carrières n'en demeurent pas moins, souvent, des experts dans leur domaine. Le travail dans les carrières se révèle d'une grande difficulté, mais les inscriptions laissées sur place par ceux qui participèrent aux expéditions, comme par exemple dans le Ouadi Hammâmât, permettent une approche relative à l'imaginaire des ouvriers qui ouvre pour nous des champs de réflexion parfois inattendus. Les temples mémoriaux de la XVIIIe dynastie offrent eux aussi des témoignages intéressants d'activités artisanales auxquelles est lié le stockage des productions. Sûrement plus connus, les mastabas de l'Ancien Empire ont fourni bon nombre de scènes relatives au travail des artisans. Le mastaba de Ti, sans doute parmi les plus célèbres, nous renseigne ici sur l'atelier des potiers, la boulangerie, la fabrication de la bière... C'est aussi surtout dans les mastabas de l'Ancien Empire – mais pas seulement – que le forage des vases en pierre est représenté. Ce métier était semble-t-il "perçu par les Égyptiens comme l'artisanat par excellence". Bien des tombes nous livrent aussi de nombreux détails sur la fabrication des meubles, des armes, des bâtons, la construction navale et la sculpture. Il faut cependant analyser ces scènes avec toute la prudence à laquelle invite le contexte dans lequel elles se trouvent généralement. Nous ne devons pas perdre de vue non plus pour nos observations – c'est même fondamental – que "l'art égyptien se fonde sur l'aspectivité" et non sur "une vision perspective".
L'article d'"archéologie" nous entraîne cette fois dans une passionnante enquête ayant pour cadre un cirque rocheux de la montagne thébaine.
Thierry-Louis Bergerot


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