N° 51 - Elites et Nécropoles (deuxième partie) - septembre-octobre-novembre 2008
- Editorial -
Voici donc la suite de notre n° 50 : trois articles dont celui de Claude Traunecker qui représente un dossier à lui tout seul. L'égyptologue livre ici le bilan d'une très intéressante enquête à propos d'un tombeau de l'Assassif réellement impressionnant et resté fermé durant plus d'un siècle, celui de Padiaménopé, un personnage remarquable de l'élite thébaine que l'auteur situe à la charnière des XXVe et XXVIe dynasties. L'architecture et les dimensions de la tombe nous laissent rêveurs. La fonction de l'édifice tout autant que la personnalité de son propriétaire, son statut, son action et son rôle d'intercesseur entre le monde des vivants et celui des morts sont des aspects qui retiennent toute notre attention. La réouverture de la sépulture et son étude archéologique et historique permettent à l'auteur d'apporter des résultats enthousiasmants tout en nous invitant dans les dédales de son parcours méthodologique. À n'en pas douter, les étudiants sauront apprécier les leçons de la démarche.
Marie-Dominique Nenna envisage, pour sa part, une analyse plus générale des nécropoles d'Alexandrie. Ne pouvant retenir essentiellement que l'aspect monumental des tombes pour déceler la présence des élites de la ville, l'auteur nous livre une description précise de ce que pouvait être la dernière demeure des personnages de la capitale Lagide dont le statut social offrait une singularité. Et l'on apprend comment se présente une tombe monumentale alexandrine, individuelle ou familiale, tout de même bien différente de celles d'époque pharaonique de la Vallée ou du Delta. Leur analyse doit évidemment beaucoup aux nombreuses fouilles de sauvetage – suivies d'études – menées depuis plusieurs années par Jean-Yves Empereur et son équipe du Centre d'études alexandrines.
Pour ouvrir la deuxième partie de notre dossier, Dominique Farout nous propose de réfléchir à une question semble-t-il convenue : celle des originalités relevées à propos des nécropoles royales de la IVe dynastie. Des surprises nous attendraient-elles ?
Les publications égyptologiques ont été nombreuses ces derniers temps. Aussi, afin de les porter à la connaissance de nos lecteurs le plus rapidement possible, nous avons fait le choix de courtes présentations dans ce numéro. Nous ne renoncerons pas pour autant aux analyses et commentaires plus approfondis.
Enfin, l'exposition sur Bonaparte et l'Égypte à l'Institut du Monde arabe représentera l'événement majeur dans ce domaine en France pour cette fin d'année 2008.
Thierry-Louis Bergerot
