N° 52 - La redécouverte d´Amarna - décembre 2008
- Editorial -
C'est l'exposition conjointe des Genevois et des Turinois sur Akhénaton qui a suscité l'élaboration de ce dossier sur la redécouverte d'Amarna. Certains s'exclameront peut-être : "Amarna ! Encore ?" Souhaitons que nos auteurs aient réussi le pari d'apporter des éléments susceptibles de retenir tout l'intérêt de nos lecteurs. Mais n'est-il pas remarquable de constater tout à la fois à quel point les successeurs d'Akhénaton se sont attachés à faire disparaître complètement toute trace concernant ce règne et à quel point ce "roi maudit" est réapparu pour devenir une véritable icône de l'histoire, non seulement égyptienne, mais aussi universelle ?
C'est dès le début du XVIe siècle que le regard d'un savant nommé Sicard, fut attiré par l'étrangeté de représentations gravées sur une stèle dans un cirque rocheux de Moyenne Égypte – même si ce dernier ne mesura pas l'importance de la découverte. Suivirent les observations de Jomard au cours de l'expédition d'Égypte puis celles de J.G. Wilkinson, du fameux J.-Fr. Champollion, de Ch. Lenormant, N. L'Hôte, E. Prisse d'Avennes... Le Prussien G.G. Erbkam fut, quant à lui, l'auteur remarqué d'un relevé topographique de la ville d'Amarna, accompagnant sur le site le célèbre savant K.R. Lepsius qui, avec ses Denkmäler aus Ägypten und Äthiopien réalisa une œuvre égyptologique considérable.
L'hypogée royal d'Amarna fut sans doute découvert par des Égyptiens au cours des années 1880 puis formellement identifiée par A. Barsanti en 1891. L'état de la tombe et les questions qui entourent l'origine d'un certain nombre d'objets posent des problèmes relatifs à l'ensemble de la nécropole royale que l'archéologie pourra peut-être, en partie du moins, élucider dans les années à venir.
De 1902 à 1907, hormis l'hypogée royal, N. de Garis Davies procède au relevé systématique des tombes amarniennes. Ce remarquable travail donna lieu à une publication encore très largement utilisée de nos jours par les "amarnologues".
Ce n'est qu'au début du XXe siècle que débutèrent réellement les premières fouilles systématiques sur le site de la ville d'Akhénaton qui devint célèbre sous le nom de Tell el-Amarna ou El-Amarna ou encore Amarna. Celles-ci eurent lieu sous la responsabilité du parfois très controversé L. Borchardt, savant allemand travaillant à l'époque pour la Deutsche Orient Gesellschaft. Sa découverte majeure, fut dans les premiers jours de décembre 1912, le désormais célèbre buste de la reine Néfertiti, aujourd'hui conservé à Berlin.
La tombe de Toutânkhamon reste incontestablement la grande découverte archéologique du XXe siècle. La littérature scientifique la concernant, nous le savons bien, est plus qu'abondante. Peut-on toutefois encore ajouter de nouveaux éléments au dossier ? Une observation scrupuleuse des objets de la tombe semble montrer que les pistes à explorer existent bel et bien encore.
Peet, Woolley, Newton, Frankfort, Pendlebury, voici d'autres noms irrémédiablement liés au site de "L'Horizon d'Aton". Mais ce sont bien des Anglais qui prirent désormais la direction des fouilles, entre les deux conflits mondiaux, pour le compte de l'Egypt Exploration Society. Dans la continuité des Allemands de la DOG, les archéologues fouillèrent de nouveaux secteurs de la ville. Outre l'importance du travail accompli au cours de ces années, nous garderons le souvenir d'un parcours extraordinaire, celui de l'archéologue britannique J.D.S. Pendlebury.
Thierry-Louis Bergerot
