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N° 53 - Edfou, ville et nécropoles - mars-avril-mai 2009





- Editorial -



Le nom d'Edfou évoque avant tout l'incontournable ensemble du temple ptolémaïque et romain, ce dernier étant, il faut le souligner, le mieux conservé d'Égypte. Aussi, est-on souvent tenté d'oublier les autres parties du site. En conséquence, il était intéressant d'aborder les questions relatives à la ville et ses nécropoles ainsi qu'aux périodes antérieures. En Effet, le tell d'Edfou et sa région ont livré des témoignages d'occupation régulière depuis les temps prédynastiques. L'Ancien Empire est par exemple représenté par un gouverneur d'Edfou et vizir du début de la VIe dynastie. Ce personnage, objet d'un culte comme saint intercesseur jusqu'à la fin de la Deuxième Période intermédiaire, fut enterré dans un mastaba de la nécropole située au bord du tell. Dominique Farout aborde par ce biais la nature de ces saints caractéristiques de la civilisation pharaonique, l'évolution de cette pratique et sa postérité. Quelques stèles inédites provenant de la même nécropole sont étudiées par Marcel Marée. Elles livrent le nom d'un certain Nebit, membre du clergé d'Horus de Behedet, lié à la famille dont les membres commandaient l'armée de la région. Les déductions de l'égyptologue britannique apportent un éclairage nouveau sur certains points importants d'une époque encore énigmatique, période de gestation du Nouvel Empire. W. Vivian Davies livre les premiers résultats de l'étude de la nécropole du début du Nouvel Empire installée au pied de la montagne occidentale en attirant principalement l'attention du lecteur sur la tombe de Sataimaou, haut fonctionnaire d'Ahmosis et d'Amenhotep Ier. L'auteur montre à quel point cette tombe, fouillée par son équipe, est exceptionnelle par la nature de son décor et de son organisation. Il aborde sa fonction d'étape pour les pèlerins qui ont laissé des graffiti sur leur passage. étonnement, on ne sait presque rien de la ville à l'époque ramesside et à la Troisième Période intermédiaire. Seuls les restes du pylône oriental du temple sont encore en place. L'auteur fait ici l'inventaire des rares documents qui témoignent de la fin du deuxième millénaire. Ces éléments architecturaux et épigraphiques sont souvent méconnus et certains sont ici publiés pour la première fois. Nous devons en convenir, peu de gens connaissent l'existence du faucon vivant qui était intronisé à Edfou. Alain Charron, spécialiste des animaux en Égypte ancienne, évoque pour nous le fameux rapace et décrit les cérémonies qui lui étaient consacrées aux époques tardives comme en témoignent les reliefs du temple.
Indépendamment de notre dossier, et outre la rubrique multimedia dirigée par Jean-Luc Bovot, nous consacrons quelques pages à la belle exposition présentée actuellement au musée du Louvre ainsi qu'à un livre très controversé concernant le buste de Néfertiti. Cette pièce universellement connue, découverte à Tell el-Amarna voici bientôt un siècle, continue en effet de faire couler beaucoup d'encre...
Thierry-Louis Bergerot


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