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N° 54 - Actualités archéologiques dans la nécropole thébaine - juin-juillet-août 2009





- Editorial -



"Monsieur Yoyotte est mort". Voilà une phrase que l'on espérait ne pas entendre avant longtemps. Si l'on savait Jean Yoyotte très affaibli depuis quelques temps, pouvait-on, de façon presque insouciante, imaginer la disparition d'un aussi grand savant ? Malgré tout, comme l'écho d'une nuit sombre, cette nouvelle est tombée au matin du 2 juillet 2009.
À partir de ce moment, de nombreux souvenirs refirent surface : de la première rencontre, un jour d'été de l'année 1989 en gare d'Avignon, à la dernière discussion dans un bistrot de la rue Monge à Paris, vingt ans plus tard. Combien d'anecdotes amusantes ou de récits émouvants ? Combien d'idées et de paroles reflétant la certitude d'un savoir immense ? Combien de sautes d'humeur, mais plus encore bien sûr d'intentions louables et généreuses ? Combien d'encouragements ? Combien de confiance placée en particulier en ceux dont le parcours égyptologique n'était pas si commun ? Ceux de l'Institut Khéops ou ceux du Centre (vauclusien) d'égyptologie, comme d'autres, peuvent largement en porter témoignage.
Jean Yoyotte fut d'abord pour l'enfant que j'étais dans les années 1960 le premier égyptologue aperçu à la télévision ; j'avais alors été très admiratif et impressionné d'écouter quelques minutes durant un personnage qui m'apparut comme un savant inaccessible. Cette impression ne m'avait pas quitté et pourtant ce "personnage inaccessible", je pus, comme beaucoup d'autres, le rencontrer un jour en toute simplicité.
Je n'oublierai pas que Jean Yoyotte, après avoir accepté d'effectuer des conférences à Avignon en 1990, avait également répondu favorablement à mon vœux assez osé d'organiser, à Avignon toujours, un séminaire décentralisé de son enseignement à l'École Pratique des Hautes Études au temps où il était directeur d'études, peu avant son accession à la chaire d'égyptologie du Collège de France. Comment oublier aussi que Jean Yoyotte, premier informé de mon intention de créer une revue d'égyptologie destinée aux amateurs, n'avait pas ménagé ses efforts pour que cette aventure prenne forme et voit le jour en 1993 ? Cette idée aurait pourtant pu apparaître incongrue à une figure aussi éminente de l'égyptologie. Le titre, le contenu, le comité de rédaction, les auteurs, le lectorat, les moyens de diffusion… Jean Yoyotte s'intéressait à tout et discutait de tout.
La vie de Jean Yoyotte, sous le regard complice et la présence de son inséparable épouse, fut ô combien riche et remplie, mais je laisserai à d'autres le soin d'évoquer la personnalité, la carrière et l'œuvre de ce personnage hors du commun, savant et humaniste, dans les pages de notre numéro du mois de décembre - sur Les Divines Adoratrices - qui lui sera dédié.
Autre disparition, celle d'un homme certes plus connu dans le milieu du théâtre que dans celui de l'égyptologie. André Benedetto est décédé le 13 juillet, à la veille de fêter ses 75 ans. Nous n'aurions pas évoqué ce grand homme de théâtre s'il n'avait pas écrit une des rares œuvres marquantes à propos d'Akhénaton et Néfertiti : La nuit où Horemeb traquait Néfertiti à travers les déserts. Un petit article de ce numéro rend hommage à l'auteur et à cette œuvre.
Hélène Guichard, Hanna Jenni, Andrzej Niwinski et Francesco Tiradritti me pardonneront de ne pas consacrer plus de lignes à la présentation du troisième volet de notre dossier sur Elites et nécropoles, mais leurs enquêtes archéologiques révèlent des travaux encore une fois fort passionnants.
Thierry-Louis Bergerot


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