N° 56 - Les divines adoratrices - decembre 2009 - janvier - fevrier 2010
- Editorial -
Comme annonce dans le cinquante-quatrième numero
de notre revue (juin-juillet-aout 2010), voici l'hommage
que nous souhaitions rendre au savant d'exception que
fut Jean Yoyotte. Nous avions programmé ''les divines adoratrices
d'Amon'' depuis longtemps en prévoyant bien sur de solliciter
Jean Yoyotte pour une participation à ce theme qui l'intéressait
tout specialement. La date de ce dossier a seulement été avancée,
mais c'est grâce à l'extrème sympathie de nos auteurs que cette
publication a pu intervenir si peu de temps apres la disparition de
Jean Yoyotte. Olivier Perdu, fidèle ami de l'egyptologue, le présente,
ainsi que son oeuvre, dans les limites de ce que pouvaient
accueillir nos pages car il est bien certain que la personnalité, la
carrière et l'étendue du travail de Jean Yoyotte devaient susciter
encore beaucoup de commentaires. A n'en pas douter, d'ici
quelques mois, la Revue d'egyptologie s'acquittera parfaitement de
cette mission. Concernant les articles directement liés au thème,
nous sommes heureux de la contribution que Marine Yoyotte,
petite cousine de Jean Yoyotte - actuellement doctorante en
égyptologie à l'université Paris IV-Sorbonne - a bien voulu
rédiger pour ce volume. Il s'agit d'une présentation des importants
personnages que furent les divines épouses ou divines adoratrices
du dieu Amon, du Moyen Empire à la XXVIe dynastie.
Cette synthèse claire et utile nous permet d'estimer leur nature,
leur fonction et leur rôle religieux au sein du clergé du grand dieu
thébain. Claude Traunecker, une autre grande figure de l'egyptologie,
nous fait l'honneur d'un bel article dans lequel il exhume
un ''curieux'' document ''longtemps égaré'' : une photographie
conservée à Karnak montrant une stèle au nom de la divine adoratrice
Isis, fille de Ramsès VI. Il démontre ici la complexite de la
recherche dans certains domaines de l'égyptologie due a la rareté
des témoignages parvenus jusqu'à nous. Dominique Lefevre
s'est emparé du dossier relatif à la divine adoratrice Karomama,
surtout connue par l'extraordinaire statue en bronze rapportée
en France par Jean-François Champollion. Alain Charron s'intéresse
à Nitocris, une des dernières dames de trés haut rang à
porter le fameux titre, au travers d'une stèle conservée, elle aussi,
au musée du Louvre. Il analyse les emprunts de cette scène aux
représentations royales et ses raisons. Laurent Coulon met en
relation des objets en bronze, découverts à la charnière des xixe
et xxe siècles, avec les chapelles d'Osiris à Karnak dont il dirige
actuellement la fouille et la restauration. Jean-Luc Bovot clôt ce
dossier par un examen du corpus constitué par les chaouabti des
divines épouses conservés au Louvre.
