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N° 57 - Le savoir-faire des Anciens Égyptiens - mars-avril-mai 2010





- Editorial -



Pour ce cinquante-septième numéro d'Égypte Afrique & Orient et comme c'est très souvent le cas depuis la création de notre revue, l'équipe de la conservation du département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre, placée sous la direction de Guillemette Andreu, nous a apporté une précieuse collaboration, tant sur le plan de la rédaction d'article que sur celui de la prise de clichés. Que Guillemette Andreu et son équipe en soient chaleureusement remerciées.
Cette livraison doit également beaucoup à la participation de doctorants en égyptologie, histoire de l'art et histoire des techniques, dont il convient de saluer le mérite. Nous savons combien il n'est pas aisé pour les jeunes chercheurs de publier leurs premiers articles.
Jean-Luc Bovot, spécialiste des fameuses figurines qui accompagnaient le défunt dans sa vie éternelle, nous rappelle comment ces objets sont véritablement perçus comme des témoins de la société égyptienne, cela durant une grande partie de l'époque dynastique. Si la forme du chaouabti a évidemment son importance en particulier pour déterminer datation ou provenance, les inscriptions, sans être très prolixes, donnent tout de même un nombre d'informations appréciable : l'identité de son propriétaire, la place occupée dans la hiérarchie, l'appartenance à une équipe, à une institution… L'auteur revient sur le problème de la terminologie pour préciser le statut de l'artiste et de l'artisan, définit leur travail ou souligne le caractère anonyme des œuvres – mais ce sujet intéressant mériterait un autre développement.
Nous avons ensuite essayé de montrer le savoir-faire des Égyptiens par des biais nettement différents – artisanat du cuir, domaine de l'orfèvrerie, travail du bois (dans le cadre de la fabrication des cercueils rectangulaires) ou encore taille de la pierre – donnant lieu à des descriptions et explications issues de recherches minutieuses. Les développements sont parfois originaux, par exemple pour les nains… À ce propos, on peut imaginer, outre les arguments avancés par B. Lhoyer, que les nains ont la nécessité de travailler dans un lieu tout spécialement adapté à leur taille si particulière (1,25 m à 1,30 m en moyenne) – aménagé en conséquence – et qu'à cause de cela ils sont regroupés dans un seul type d'atelier dont l'activité correspond à leurs possibilités physiques et à leur santé autant, sur un autre plan, qu'à leur rareté.
Les doctorants Émilie Desserle, Bénédicte Lhoyer, Anne-Hélène Perrot et Olivier Lavigne ont accepté de se plier à cet exercice dont le résultat est, il faut bien le reconnaître, passionnant.
Exceptionnellement, une rubrique Actualités permet à Dominique Farout de faire le point sur le problème, discuté récemment, de la généalogie de la XVIIIe dynastie. Si la critique est indispensable en histoire, nous savons bien aussi que, selon la phrase consacrée, "le contenu des articles n’engage que leurs auteurs". La présentation ou l'annonce de trois expositions d'importance diverse complète l'actualité égyptologique du printemps et de l'été.


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