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N° 58 - Explorer et dessiner l'Egypte aux XVIIIe et XIXe siècles - juin-juillet-aout 2010





- Editorial -



A l'occasion de l'exposition ''Egypte Grandes expéditions xviiie & xixe siècles'' à Gordes en cet été 2010, nous avons pensé tout naturellement publier une série d'articles invitant à la découverte d'aspects méconnus ou parfois tout de même un peu plus connus, de l'histoire de l'égyptologie. Comme toujours, des choix s'imposaient et il ne pouvait être question de brosser ici le portrait de tous les personnages auteurs des pages les plus extraordinaires d'une égyptologie naissante.
Cornelius de Pauw, chercheur de qualité aujourd'hui ignoré, même dans le milieu savant de l'égyptologie, est l'auteur d'une trés intéressante étude sur l'Egypte ancienne, cela sans jamais avoir effectué le moindre voyage dans ce pays. C'était au temps où les intellectuels faisaient de la civilisation chinoise une héritière de la civilisation égyptienne. Rigoureux et doué d'une rare intelligence, Cornelius de Pauw est assurément un des ''chantres'' de la proto-égyptologie ; Claude Traunecker le démontre bien.
Nous avons tenu à mentionner le parcours tout aussi exceptionnel de Charles Nicolas Sigisbert Sonnini de Manoncourt, dont le récit passionnant est consigné dans Voyage dans la Haute et Basse Egypte, précieux ouvrage qui constitue bien une des premières descriptions de l'Egypte. A cette fin, nous avons repris la notice rédigée par Sydney H. Aufrère pour le catalogue de l'exposition susmentionnée et l'avons augmentée d'un certain nombre d'illustrations issues de la trentaine de planches que compte le livre. Comme beaucoup de savants de l'époque, Sonnini est jeune (26 ans) lorsqu'il s'embarque en 1777 pour ce toujours dangereux périple en Egypte. Les informations qu'il rapporte, outre la réelle vivacité du récit, sont dignes d'intérêt.
C'est aux activités ''archéologiques'' et à la collection des pièces rapportées en Europe que s'intéresse Eric Gady. Nous le constatons cependant, fouiller à la fin du xviiie siècle dans le sable égyptien ne revêt pas le même sens que fouiller aujourd'hui. Loin s'en faut ! D'aucuns diront que l'on pouvait s'en douter, mais encore faut-il comprendre exactement ce que ce terme revêt concernant les savants de l'Expédition d'Egypte. Les volumes de textes de l'extraordinaire ouvrage que constitue la Description de l'Egypte donnent certes des informations à ce sujet, mais quelques planches montrent, à condition d'en scruter les détails, les savants à l'oeuvre.
Florence Saragoza nous entraine sur les traces du célèbre Dominique Vivant Denon, dont l'ouvrage, Voyage dans la Basse et la Haute-Egypte pendant les campagnes du général Bonaparte, se distingue par la qualité des dessins qui le compose. En même temps, ayant mené sa mission tout à la fois de son côté et parallèlement à celle des membres de la Commission des sciences et arts, sa publication constitue un excellent complèment à la Description de l'Egypte.
Enfin, Jean-Luc Bovot, puisant dans la correspondance et le journal de voyage de Jean-François Champollion, est en mesure de brosser son parcours en Egypte dans le cadre de l'Expédition franco-toscane qu'il dirige alors avec l'Italien Ippolito Rosellini : les circonstances et conditions du voyage, les moyens mis en oeuvre, les découvertes et le travail sur place, les impressions, la moisson d'informations, bref, l'apogée de toute une vie vouée à la science.
Je tiens tout particulièrement à remercier Jean-Yves Empereur et Danielle Guiraudios de nous avoir facilité l'utilisation d'images issues des DVD de la collection éditée par Harpocrate, consacrée aux grandes expéditions du xixe siècle, d'ailleurs analysés par Jean-Luc Bovot dans nos pages.
Comment également ne pas remercier Sydney H. Aufrère pour son indispensable collaboration à ce numéro et, surtout, à son supplément catalogue (hors-série) qui n'aurait pu être réalisé sans lui ?


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